Le championnat d’Europe de la montagne est une célèbre compétition automobile se déroulant chaque année, dans un pays différent, depuis 1930. Forcément, les plus grands constructeurs s’y sont intéressés. Dont Porsche. Pour l’édition 1968, le constructeur allemand a développé les 909 et 910 Bergspyder. Il s’agissait d’une barquette fortement allégée (384 kg seulement), dotée d’un V8 de 275 chevaux. Ferdinand Piëch entendait ainsi tenir tête à la Ferrari 212E Montagna. Cette édition fut remportée par la Porsche 910 Bergspyder de Gerhard Mitter, en catégorie EHCC Sports Cars. Ce modèle a inspiré Porsche, qui a réalisé un Boxster Bergspyder, en 2015. Un projet mort-né que la marque vient de présenter officiellement.

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Un Boxster en version allégée

C’est donc en 2015 que Porsche a réalisé un hommage aux modèles Bergspyder réalisés un demi-siècle avant. Esthétiquement, le Boxster Bergspyder reprend la ligne du célèbre cabriolet deux-places de la marque. Les boucliers en sont directement repris, tout comme la ligne de caisse, les jantes… Et c’est à peu près tout. En effet, ce Boxster pas comme les autres mise sur l’allègement. Ainsi, le superflu est éliminé. Le pare-brise est donc supprimé au profit d’un simple saute-vent transparent. Le carbone est omniprésent puisqu’il s’agit d’un matériau très léger et résistant. Le siège passager est également supprimé, offrant un petit espace de rangement. L’habitacle a aussi été allégé : plus de climatisation notamment. Enfin, la boîte manuelle a été choisie à son homologue PDK.

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Au final, le poids a été ramené à 1 099 kg, contre 1 425 kg pour un Boxster S « classique ». Dès lors, les performances du Flat-6 issu du Cayman GT4 sont spectaculaires. Les 393 chevaux autorisent un ratio de 2,8 kg par cheval, pour un 0 à 100 km/h en à peine 4 secondes. Autant dire que sur circuit, ce modèle promet un plaisir de conduite certain…

Un projet avorté…

Malgré un cahier des charges attractif, ce Porsche Boxster Bergspyder n’a pas eu de suite. La raison, ce sont des contraintes d’homologation complexes qui rendent difficilement viable un tel modèle. Porsche avait d’ailleurs soigneusement pensé ce modèle, avec une sobre peinture blanche, des sigles dorés qui fleurent bon la nostalgie et des touches vertes qui font écho aux modèles Bergspyder engagés en compétition à la fin des années 1960. Réalisé il y a quatre ans, ce prototype est resté dans l’ombre. Sur le coup, Ferrari a gardé une longueur d’avance avec ses Ferrari Monza SP1 et SP2, développant pas moins de 810 chevaux et commercialisées au tarif de 1,7 million d’euros. Une concurrence sur la forme, mais pas sur le fond

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Enfin, il semble légitime de s’interroger sur le dévoilement de ce modèle par Porsche ? Faut-il y voir un prémisse des 718 Boxster Spyder et Cayman GT4 dont la présentation se fait attendre ? Une nouvelle compétition dédiée à des Boxster considérablement allégés ? Le développement d’une future barquette ? Autant d’hypothèses qui pourrait conduire à un modèle 100% plaisir. À une époque où l’électrification braque certains puristes, les modèles passion sont plus que nécessaires dans la gamme.

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